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Ethnic nique !
La profusion des films dits ethniques (c’est le terme choisi par les producteurs et diffuseurs), la classification exacerbée des DVD érotiques selon l’origine des acteurs est troublante. Certains n’y voient que le fantasme : et s’il y avait un peu plus que cela ?
Des films de beurs, des films de beurs avec un peu de céfrans, des films de Turcs, des films de Blacks, des films de Brésiliens, de Latinos… Jamais le X gay n’avait été aussi soucieux de classer les acteurs et de mettre l’accent sur les origines des modèles. Cela n’a pas toujours été le cas mais aujourd’hui réalisateurs, producteurs et diffuseurs ont clairement pris fait et cause pour ce classement, parfois très artificiel, qui a accouché d’une dénomination qui fleure bon le Collège de France : le DVD ethnique. Si on comprend bien que des spectateurs flashent sur un type particulier de mecs, il ne faut pas pour autant perdre de vue que certains films, ethniques donc, ne font rien moins que de véhiculer des clichés, de les entretenir et parfois même de renforcer des préjugés. Ainsi, contrairement à une idée reçue, les Blacks ne sont pas tous bien montés et certains sont d’excellents passifs. Ainsi, contrairement à ce que cherche à nous faire croire un certain cinéma X, les Latinos aiment parfois se taper des blonds ou se faire mettre par eux. Ainsi, insister sur la nationalité brésilienne, argentine ou turque des castings ne doit pas nous faire oublier que les productions Cazzo ne s’époumonent pas à hurler que leurs acteurs sont allemands. Pourquoi ? Parce que cela n’a pas d’importance. Mais alors pourquoi cela en a-t-il parfois pour d’autres ? Il y a là, pas forcément une volonté d’apartheid (encore qu’aux Etats-Unis…), ni même des esprits mal intentionnés, mais le banal et triste constat que le fantasme se nourrit aussi du cliché (les blacks en ont des grosses), de l’idée reçue (les beurs, forcément actifs, qui vont faire dérouiller les céfrans !) et même parfois de la condescendance. Bref, comme si un reste de colonialisme s’appliquait au X. Au fond, un acteur devrait pouvoir exister sans son étiquette ethnique. C’est ce qu’on comprend en voyant le très beau best of consacré à Lucas Foz, une des vedettes des studios Private dont on ignorait jusqu’alors les origines. On y découvre l’acteur dans des genres différents (du péplum au X traditionnel), actif et passif avec un égal bonheur, pro et d’une confondante beauté. C’est ce qu’il est qui compte, pas d’où il vient. Mais décidément, comme les habitudes sont difficiles à perdre, Private Man a titré ce best of : "Brazilian sex god".
>> Lucas Foz
Adonis (il n’est pas grec), brun (il n’est pas espagnol), Lucas Foz est une des grandes vedettes de Private Man. Il a tourné dans de nombreux films dont "Soccer boy", "Marc Anthony" ou "Working day". "Brazilian sex god" est le premier best of de cet acteur qui, bisexuel, a tourné dans des pornos hétéros mais dont la prestation dans "Set in Stone" de ChiChi LaRue prouve son grand intérêt pour le mâle.
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